(BFM Bourse) - L'indice parisien clôture en baisse de 0,65% vendredi 6 mars, plongeant de 6,8% sur l'ensemble d'une semaine marquée la guerre au Moyen-Orient. Il s'agit du pire score hebdomadaire du CAC 40 depuis début avril 2025, et l'annonce des droits de douane réciproques de l'administration Trump.
La Bourse de Paris met un point final à une semaine extrêmement rude. Son indice phare, le CAC 40, l'indice parisien reperd 0,65% ce vendredi, à 7.993,49 points, retombant sous les 8.000 points.
Sur la semaine, l'indice vedette parisien a abandonné 6,84%, et consigne sa pire baisse hebdomadaire depuis la semaine close le 4 avril 2025 (-8,10%), et l'annonce des droits de douane réciproques de l'administration Trump.
Surtout, le CAC 40 a plus qu'effacé l'intégralité de son avance acquise en début d'année et s'affiche désormais en repli de 1,9% depuis le 1er janvier.
L'indice vedette parisien a même accéléré à la baisse dans l'après-midi, perdant jusqu'à 1,65% après la publication de données mettant en avant une franche dégradation du marché du travail aux États-Unis.
Ce mauvais rapport sur l'emploi américain a dévoilé la destruction de 92.000 postes en février et une remontée du taux de chômage, à 4,4%.
"Alors que le rapport sur l’emploi de janvier avait été meilleur que prévu, celui de février est nettement moins bon que prévu. En réalité, la tendance est claire : l’économie américaine ne crée plus d’emplois depuis près d’un an. Ce rapport montre la trop forte dépendance au secteur des services à la santé pour les créations d’emplois. L’état du marché du travail est tel que les membres du FOMC (le comité de politique monétaire, NDLR) vont rester vigilants sur le sujet", détaille Bastien Drut, responsable de la stratégie et des études économiques chez CPRAM.
Cette statistique fait office de "mauvaise surprise au mauvais moment", pointe le spécialiste de marché.
Les investisseurs ont bien sûr surveillé la situation au Moyen-Orient où le conflit ne montre guère de signes d'accalmie. Les bombardements se poursuivent, notamment au Sud du Liban, où Israël vise le Hezbollah, allié de l'Iran. En Irak, l'exploitation d'un champ pétrolier opéré par le groupe américain HKN Energy a été arrêtée à la suite d'une attaque.
Cette annonce a accentué le bond des cours du pétrole. Le contrat d'avril sur le Brent de mer du Nord prend 7% à 91,32 dollars, évoluant au-dessus des 90 dollars pour la première fois depuis avril 2024, selon Reuters. Le contrat de même échéance sur le WTI coté à New York flambe de 10,3% à 89,31 dollars le baril.
De plus, l'armée iranienne a affirmé avoir ciblé un pétrolier américain qui serait "en feu" dans le Golfe, rapporte l'AFP.
Un conflit parti pour durer ?
L'hypothèse d'une guerre rapide semble par ailleurs s'éloigner. Le président américain Donald Trump a indiqué que la guerre contre l'Iran durera jusqu'à la "capitulation totale".
"Il n'y aura pas d'accord avec l'Iran, seulement une CAPITULATION SANS CONDITION! Après cela, et le choix d'un ou plusieurs dirigeants FORMIDABLES ET ACCEPTABLES, avec de nombreux merveilleux et très courageux partenaires et alliés, nous travaillerons sans relâche pour relever l'Iran, le rendre économiquement plus grand, meilleur et plus fort que jamais", a-t-il écrit sur son réseau Truth Social.
"Trump a laissé entendre qu'il souhaitait avoir son mot à dire dans la succession au pouvoir en Iran, ce qui pourrait compliquer les perspectives d'une résolution diplomatique. Le ministre iranien des Affaires étrangères a déclaré qu'il ne voyait actuellement aucune raison d'engager des pourparlers avec les États-Unis", explique Deutsche Bank.
"Nous ne sommes pas experts géopolitiques, militaires ni des marchés de l’énergie. Mais il nous semble, vu les objectifs de guerre assez flous des États-Unis et le fait que le régime iranien se bat désormais pour sa survie, que les combats et l’impact négatif sur l’offre d’énergie mondiale pourraient durer un peu plus longtemps que lors des conflits précédents avec l’Iran (quelques semaines ?)", écrit Xavier Chapard de LBPAM.
Du coté des valeurs, Spie a perdu 3,5% après avoir livré des résultats un peu justes aux yeux du marché ainsi que des perspectives prudentes pour 2026.
Prodways a flambé de 39,70% après avoir annoncé la cession de son activité de logiciels.
Sur les marchés des changes, l'euro est stable face au dollar à 1,1611 dollar.
